Les premières œuvres de Victor Burgin (1941), réalisées dans les années 1960, sont marquées par leur ancrage conceptuel et par un refus de la peinture, qu’il n’hésite pas à qualifier, non sans une certaine provocation, de « barbouillage anachronique avec de la boue colorée sur des tissus ». Ses œuvres photographiques et vidéos s’intéressent notamment aux relations entre texte et image. La question de la représentation de la femme dans la société est également récurrente dans son œuvre. Lauréat en 1986 du Turner Prize, c’est cette même année que Burgin réalise la série intitulée Office at night, composée de sept photographies.

Office at Night

Victor Burgin
Office at Night, 1985/86
Photographie couleur, technique mixte
183 x 244 cm
Dépôt 2006 - Collection M.J.S., Paris
© Photo : Galerie Durand-Dessert, Paris
Vue de l’exposition Le Meilleur des mondes, Mudam Luxembourg, 30/01/2010 – 24/05/2010
© Photo : Rémi Villaggi

Le point de départ pour cette série est un tableau peint en 1940 par l’artiste américain Edward Hopper, dont Burgin a emprunté le titre et certains détails, visibles dans la photographie. Montrant un patron et sa secrétaire dans un intérieur de bureau, la scène peinte par Hopper représente, selon Burgin, une « mise en scène contemporaine du conflit entre le désir et la loi », c’est-à-dire de l’érotisme latent dans la relation patriarcal du supérieur à sa subordonnée. Burgin associe aux différentes interprétations photographiées du tableau de Hopper des pictogrammes allusifs et des champs monochromes faisant référence aux « couleurs officielles du système international de signalisation ». Il y transforme surtout le rôle de la femme, passant « de l’objet de curiosité à un sujet de curiosité, du montrer au savoir ». En perturbant la représentation de la femme active, il l’adapte à son époque.

Jeune Médiateur

Victor Burgin expliqué par un « Jeune Médiateur ».